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(Paris Match de 03/1997)

La Techno fille du Disco | Les différentes familles | Les DJ: nouveaux gourous | Les grand-messes techno: les raves | Drogue et drinks


C'est le gand phénomène musical des années 90. Mais au-delà de 23 ans, personne n'y comprend rien tant les courants, contre courants, tendances et chapelles se disputent les sommets des hit-parades. Voici un guide pour ne pas sembler tout à fait ringard auprès des "jeunes".

Par Romain Clergeat


La Techno fille du Disco

A la fin des années 80, le disco ne fait plus danser grand monde. La fréquentation des clubs s'en ressent. Des disc-jockeys noirs de Chicago commencent alors à triturer sur leurs platines les tubes essoufflés des Bee Gees ou de Donna Summer. Plus exactement, ils "scratchent" (arrêtent, avancent ou reculent manuellement un passage musical, technique inventée par les rappeurs au début des années 80). Le morceau original ainsi transformé devient plus nerveux, plus saccadé. Miracle. Les pistes de danse se remplissent à nouveau. Le Disco est mort. Vive la house music, baptisée ainsi car on peut la fabriquer chez soi.

En 1990-1991, le new beat puis la techno font leur apparition en Belgique grâce au sampler. Cette petite machine bon marché permet d'enregistrer certaines parties musicales (la guitare de "Sex Machine", la basse de "Billie Jean", le saxophone de "Brown Sugar", par exemple). et de les transformer à loisir. Mais surtout elle permet d'augmenter considérablement le rythme, portant le "beat" à des vitesses impossibles à atteindre par un batteur "humain". Dans un monde où le frénétique est la vitesse de croisière, la house music s'est révélée la bande originale de son époque.


Les différentes familles

La house music: l'ancêtre. Plus rapide que la disco, avec un son plus synthétique

La dance: voix disco avec un beat techno. Méprisée par les puristes. Trop commercial à leur goût.

Le garage: née dans les clubs blacks de Chicago. Adorée par les gays et les "drag queens". Beat techno mais pas trop, voix disco, mais pas trop.

L'acid house: c'est une tendance plus froide et moins funk, moins martelante, que la house music. Née en Belgique et en Hollande, elle y est restée.

L'ambiant: musique planante et spirituelle. On y trouve des références au new age et des bruits d'aspirateurs. BPM (battements par minute) extrêmement faible (60-80) et propre à la méditation.

Le hard core: tout le contraire. Un BPM de 240 sur une musique métallique et agressive à l'extrême. Représente la branche dure, le GIA de la famille techno.

La trance: techno world music sur beat ethnique. Vous n'y comprenez rien ? Claude Levi-Strauss non plus.

La Jungle dernière-née. En résumé, c'est du rap accéléré. Dans le détail, sur des BPM frénétiques et des basses rap, vocifèrent des voix aux accents "reggae-muffin". Est-ce bien clair ?


Les DJ: nouveaux gourous

Au début, ils se contentaient de poser les disques sur les platines des boîtes de nuits. Puis, ils se sont mis à trafiquer les titres; en couplant deux morceaux en même temps ou en les accélérant. Aujourd'hui, ils sont les créateurs de leur propre musique. Plus informaticiens que musiciens, ils décident avec leurs ordinateurs des sons, des rythmes et des voix. Ils peuvent, soit créer un morceau de toutes pièces, soit modifier un tube déjà existant. D'ailleurs aujourd'hui, tous les groupe de rock font la cour aux meilleurs DJ pour "remixer" leurs tubes et les plus efficaces en boîte. Une rave sans DJ, c'est comme un walkman sans pile.

Les stars s'appellent Laurent Garnier (France), Carl Cox (Angleterre), Kevin Saunderson (Etats-Unis) ou Marilyn, première femme DJ et française.

Ces virtuoses de la platine sont appelés dans le monde entier, car leur réputation et leur savoir-faire peuvent être la clé d'une soirée. Un bon DJ fait venir du monde et l'entrée des "raves parties" est payante ... Réclamés à Londres, Zurich, Montréal, Tokyo, San Francisco ou Ibiza, ils gagnent entre 5 000 et 15 000 francs par nuit. Ce sont des bienfaiteurs pour l'industrie du disque. Non seulement ils vendent plus que la moyenne des musiciens rock (500 000 exemplaires à chaque compil'), mais, en plus, ils ont sauvé le vinyle des oubliettes, car, pour eux, évidemment, impossible de travailler sur CD. Aujourd'hui, même, on represse de vieux titres en cire.


Les grand-messes techno: les raves

Après le football, le tennis, les Beatles et la gelée de menthe, les anglais ont inventé les "raves" - à partir du verbe "délirer": "to rave". Mais ils n'ont aucun mérite. Ils en avaient besoin. En effet outre-Manche, les boîtes de nuit ferment à 1 heure du matin. Lassées d'être obligées d'aller se coucher encore plein de jus, les forces vives du pays décidèrent au début des années 90 d'improviser des rassemblements clandestins. D'abord pour continuer la fête, ensuite pour écouter de la house music, jusqu'alors aussi populaire en discothèque que "Je t'aime moi non plus" dans l'estafette d'un commando anti-IVG. Les premiers attroupements réunissaient à peine 100 personnes dans les caves. Très vite, le succès du bouche à oreille oblige les fidèles à se déplacer dans des usines désaffectées, des hangars, des péniches ou des trains. Mais plus que la musique, c'est un état d'esprit que l'on vient célébrer. Dans les "raves parties", pas de look imposé, pas de sélection à l'entrée ni de barrières hippies. Ils n'espèrent plus changer le monde, donc ils se font le leur. Et ça s'entend: le volume sonore est trois fois plus important que celui d'une boîte de nuit ! Les raves rassemblent parfois près de 25 000 personnes ("May Day", à Dortmund cette année) et s'organisent dans des supertankers ou dans des 747 affrétés pour l'occasion. Dernière formule à la mode, la "cyberrave" où, entre deux consultations sur Internet, des stands de jeux avec casques virtuels, on se repose dans des salons de relaxation appelés "chill out". Pourtant, les raves sont victimes de leur succès - "et de leurs excès" affirment les autorités départementales, qui multiplient les interdictions. Comme à toutes les époques, la musique de jeunes n'a pas que des supporters.



Drogue et drinks

Ecstasy: dans la grande communion des premières raves, l'ecstasy était pilule de paix et d'amour. Souvent gratuite, elle avait réputation d'être la première drogue chimique inoffensive. Disait-on. Le trafic a crû avec l'expansion du mouvement techno. Les accidents aussi. Certains adolescents ont fait des arrêts cardiaques ou ont été renversés par des voitures qu'ils prenaient pour des extraterrestres venus à leur rencontre. Aujourd'hui le mythe de l'ecstasy comme drogue inoffensive est tombé. Quelques dealers aussi. Danger absolu.
A combattre résolument !

Alcool: mal vu dans les raves bien que cela n'ait jamais été une source de problèmes. Certains fêtards se sont plaints : "Si on n'a plus le droit aux "X" (traduisez ecstasy) et que l'alcool est interdit, comment allons-nous pouvoir recharger les accus ?" Devant la pertinence de la remarque, on a inventé les "smart drinks", boissons énergétiques fabriquées rien qu'avec des bons produits naturels. Aucun décès à signaler depuis leur arrivée.


 
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