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Les DJ Superstars des platines

(Elle du 06/04/98)

A lire avec Humour !!!


Le DJ est un artiste | parle une autre langue | est pipeule | est accessible | est fashion | français s'exporte bien
Laurent Garnier | Alëem | Jack de Marseille | DJ Cam | Dimitri From Paris


Vous pensez encore qu'un artiste chante, danse ou gratte sa guitare ? Il va falloir vous y faire. Les nouvelles stars du disque sont des musiciens... sans instruments !
Plongeon dans un monde étrange où les Français sont rois.

A la question " Qui est la nouvelle idole des jeunes ? ", l'adulte d'aujourd'hui répond, sûr de son coup : Filip des 2 Be 3 ou Victoria des Spice Girls. Ou, s'il est un poil rock, Noël Gallagher d'Oasis. Chez le jeune de plus de 12 ans, cela provoque un long "pff" de dédain. Son idole à lui ne chantonne ni ne gigote. Il joue, il scratche, il sample, il mixe. Il est DJ. Comme José, du Macumba Club, il passe des disques pour faire danser les gens. Mais à la différence de José, du Macumba Club, il est une vedette. Portés par la vogue de la techno et le succès des raves, certains DJ sont devenus des stars mondiales. Mais dans toutes les ville où la vie nocturne a mieux à offrir que le Macumba Club, les DJ locaux suscitent le même engouement. Petit guide pédagogique à l'usage des parents.


Le DJ est un artiste

"Le" DJ d'aujourd'hui ne se contente plus d'enchaîner les titres comme un juke-box. Il mélange des morceaux qui n'ont rien à voir (disco des années 70 et musique expérimentale des années 50), y ajoute des bruits (du crissement de pneu au verre qui se brise), fait déraper le disque (en vinyle donc)... dextérité, inspiration et réflexion. On juge un DJ à sa culture musicale. SI vous croyez que Laurent Garnier est devenu une star en mélangeant "Si tu vas à Rio" et "La Danse des canards", vous faites fausse route. Dimitri From Paris mixe Pierre Henry, le papa de la musique contemporaine. Chaque DJ a sa "touch". Quand il officie (il faut dire "joue"), il est l'épicentre de la fête.

Mission : faire danser mille, deux mille voire cinq mille personnes, avides de sensations, des heures durant. Une performance à faire passer un concert des Rolling Stones au Parc des Princes pour un thé dansant. Signe des temps, en novembre, la Sacem leur a reconnu le statut de compositeurs. Ils touchent désormais un douzième des droits de l'oeuvre reprise. Le Djying est devenu un art.


Le DJ parle une autre langue

Trainspotter : le mono-maniaque. Le p'tit gars collé à la vitre du DJ toute la nuit, qui regarde mixer son mentor. Il note tous les enchaînement, la référence des disques, la vitesse, les scratches...

Pitch : le variateur de tempo sur les platines qui permet de régler deux disques à la même vitesse.

Jockey-slut : comme tout corps de métier attractif, le DJ a sa serial-lover. Ici, vulgairement affiliée à la P... pas du tout respectée.

Fly-case : valise qui contient les vinyles 33-tours.

DJ-résident : nom donné à un DJ qui se produit régulièrement au même endroit.

C'est de la balle ! : ouah-top-canon-délire-le mixe-ouah-vraiment-coooool !


Le DJ est pipeule

Pour devenir un VIDJ (un very important disc-jockey), il faut faire ses preuves. La cote d'un DJ est proportionnelle au plaisir qu'il procure. Plus on est heureux donc plus on aime le DJ. Le bouche-à-oreille fait le reste. Les bons DJ sont invités à se produire dans les clubs du monde entier. A l'instar du premier top model venu, certains ont des bookers chargés d'organiser leurs prestations aux quatre coins de la planète. L'Américain Jeff Mills fait en moyen deux tour du monde par an et peut prendre l'avion six fois de suite en un week-end. Un magazine anglais spécialisé a révélé que le New-Yorkais David Morales avait touché 100 000 F pour jouer deux heures au jour de l'an 95 à Zurich. Les fans aussi se déplacent, prêts à tout pour suivre leur idole et la voir jouer. A Londres, la Mecque des DJ, cinq cent mille jeunes gens venus de Paris, Bruxelles, Berlin ou Amsterdam dansent chaque week-end dans les clubs. Comme si Woodstock avait lieu une fois par semaine.


Le DJ reste un type accessible

Le DJ a beau être une star, il n'est pas inatteignable. Et pour cause, il joue au milieu de la piste, dans une cabine juste séparé des danseurs par une vitre. Alors la groupie s'agglutine et le fan de base vient saluer... Exit les barrages de gardes du corps protégeant les idoles de leurs admirateurs. Au Rex Club, les habitués viennent serrer la main de Laurent Garnier à la fin de la soirée. Régulièrement, Radio FG, la FM parisienne spécialisée dans la techno, reçoit la fine fleur des DJ, et leurs fidèles s'invitent sans façon dans les studios. Avec le DJ, on redécouvre donc la proximité et la simplicité. Même la poignée de vedettes habituées aux palaces et aux jets privés reste fidèle à l'idéal du DJ : la musique comme un art. Une véritable philosophie qui récuse le pouvoir de l'argent et les compromissions du show-biz. Aucun ne joue au demi-dieu car personne n'oublie que n'importe qui peut devenir DJ, sans avoir besoin de solfège, ni d'investissements. Deux platines, un bon sens du tempo et le premier venu peut avoir son quart d'heure de gloire dans une fête. Par essence, la DJ attitude est démocratique. La nouvelle contre-culture ? Elle fait en tout cas, florès chez les ados. Résultat : ils renoncent à leur mob pour investir dans un sampler ou des platines, se ruinent en disques rares (imports ou rééditions) et s'entraînent dans leurs chambres... Là où leurs aînés formaient des groupes de rock et répétaient dans leur garage. La différence c'est que, eux, ils vont voir leurs idoles pour leur demander des conseils.


Le DJ est fashion

Le DJ n'est pas seulement à la mode, il est dans la mode. Les stylistes se sont contentés de lui piquer sa panoplie : sportswear tranquille (ah, les sweats à capuche gris de DJ Cam !) et DJ Bags, ces grandes besaces destinées à transporter les disques vinyles. Les plus pointus délaissant même les Walkman miniatures pour de gros écouteurs professionnels à trimballer dans la rue. Puis les DJ ont été invités à "sonoriser" les défilés. La société Yves Saint Laurent a demandé aux DJ Charles Schilling et Dimitri From Paris d'apparaître dans son film pour Jazz. Le très photogénique DJ Cam est la vedette de la dernière campagne Junk, la ligne branchée de Junko Shimada. L'an dernier, c'était l'acteur Melvil Poupaud... Lors des collections de prêt-à-porter, le DJ vedette Carl Cox a littéralement électrisé le défilé de Thierry Mugler. Installé sur le podium, il a joué live, dans les mêmes conditions que pour une rave...


Le DJ français s'exporte bien

Ce qu'au rocker français n'a jamais réussi, le DJ hexagonal, lui, l'a fait : il est connu - et adulé - au delà de nos frontières. Alors que beaucoup de chanteurs s'accrochent à un hypothétique statut de "star au Japon" (invérifiable), Laurent Garnier et DJ Cam s'étalaient dans les meilleurs journaux anglais (consécration). Est-ce parce que leur musique est sans paroles ? Peut-être. En tout cas, la "french-touch", qualifiée de romantique, est reconnue. D'ailleurs, le succès des french DJ a fait du bien à toute la production française. Les duos Daft Punk (un million de disque vendus dans le monde) ou Air, des groupes de "producteurs" petits cousins des DJ, réussissent aussi l'exploit de squatter la même année les premières places des hit-parades outre-manche. Un événement qui pour un artiste français, survient en général tous les vingt ans : seuls Serge Gainsbourg, avec "Je t'aime, moi non plus", et Vanessa Paradis, avec "Joe le taxi", y sont parvenus. Preuve supplémentaire que le fait d'être français est synonyme de branchitude absolue pour les Anglais : à Londres, les albums de Air sont ornés du sticker "French Band". Un Label de qualité en somme.


Laurent Garnier

LE DJ à connaître absolument ! Ce trentenaire fait virevolter les platines avec brio depuis une dizaine d'années. En tout, une cinquantaine de couvertures de magazines, des fêtes dans le monde entier, deux albums et récemment une victoire de la musique. A Paris, il aime retrouver sa résidence secondaire, le Rex Club, où le 31 janvier, il fêtait son anniversaire pendant douze heures. Incroyable : les fans ont fait la queue de 22h30 à 4h du matin pour voir le roi français mixer !


Alëem

Vous les avez tous dans les oreilles, les pubs de Chipie et d'Alcatel ! Devinez qui se cache derrière ? Un duo d'enfer: Alëem (Manu et Oz), c'est la nouvelle potion magique de Pro-Zak.


Jack de Marseille

Té ! En voilà un beau gosse ! Charismatique, sympa et passionné, ce DJ de 32 ans fait partie de la fine fleur française. Vivant à Marseille, il a créé sa boutique de disques War Rec. Vous pouvez le croiser tous les troisièmes vendredis du mois au Rex Club pour les soirées Automatik, ou au détour d'un voyage à l'étranger car lui aussi est connu dans le monde entier.


DJ Cam

Son premier album "Underground Vibes", lui a valu d'être couronné maître du trip-hop français. Chouchou de la presse anglaise, son allure de french lover et sa musique élégiaque plaisent. Il privilégie les atmosphères sombres et romantiques. Prochain album : "The Beat Assassinated " (Columbia).


Dimitri From Paris

Pionnier français de la musique house, Dimitri représente, pour le reste du monde, cette irrésistible "french touch" : humour, vrai chic parisien et légèreté. A écouter sans tarder, son album "Sacrebleu" (Yellow / EastWest).


Sylvia Jorif et Marie-Pierre Lannelongue


 
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